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Alors, là, je reprends mon allure habituelle et je m’en vais faire un tour dans le jardin en adoptant intentionnellement ma démarche chaloupée, ma queue touffue bien droite, en roulant un peu des mécaniques et en prenant l’air le plus indifférent qui soit, comme si rien ne s’était passé. Je m’intéresse alors aux papillons, aux pâquerettes, aux parfums délicats des fleurs des champs et je disparais dans les hautes herbes…

 

Je me promenais tranquillement dans le jardin, musant de ci de là, respirant à pleins poumons le bon air de la campagne et me saoulant des parfums subtils des pervenches et des pâquerettes, quand  d’un seul coup j’humais des effluves parvenues jusqu’à mes narines délicates sur les ailes de la brise, depuis l’intérieur de la maison… Je m’arrêtais tout de go, afin de vérifier si mes sens en éveil ne me trompaient pas et je flairais dans l’instant une fragrance qui ne me laisse jamais indifférent… Ça sentait la crevette… oui, oui, je vous assure, ça sentait cette bonne odeur de marée qu’exhalent les bouquets très frais.

Ni une, ni deux, c’était le moment de rappliquer ventre à terre au cas où ma Maman m’aurait oublié… Dans ces cas-là, il ne faut jamais arriver en retard, je suis toujours le premier sur les lieux. De toutes façons, les autres chats de la maison dédaignent les fruits de mer dont je raffole, alors là, pas de concurrence. Ce qui me fait courir si vite, c’est surtout la gourmandise.

Comment vous expliquer ce goût prononcé que je développe pour les crustacés à moustaches ?

Je n’en sais strictement rien…j’adore ça tout simplement. C’est un délice, c’est ferme et moelleux à la fois, c’est d’une grande finesse, ça dégage comme un parfum d’air du large… Qu’on me les serve chauds ou froids, c’est toujours pareil, j’en suis fou… à condition toutefois que ma Maman me les épluche, car je n’aime que la chair noble. Il ne faudrait pas qu’un petit morceau de carapace vienne à se coincer entre mes dents ou pire, que j’en avale la moindre parcelle qui pourrait provoquer chez moi, une indisposition, même passagère. Non, tout doit être pur plaisir quand je déguste mon mets préféré.

D’ailleurs, dès que j’entre dans la salle à manger, je vois tout de suite que ma Maman ne m’a pas oublié ! Elle a préparé une soucoupe avec quelques crevettes et une feuille de papier absorbant, pliée en quatre sur lequel elle va placer mes queues de crevettes décortiquées et coupées en petits morceaux, à la taille d’une bouchée adaptée à mon petit gosier.

Hum ! quel bonheur ! En deux temps, trois mouvements, je vais déguster mon plat favori. Je commence par flairer une crevette entière afin de voir si elle a la fraîcheur voulue. Oui, oui, elle est parfaite, ça sent l’iode, ça fleure bon l’océan.

Allez, ne traînons pas. Je m’installe confortablement et délicatement, je saisis le premier morceau. Ha ! ce n’est que du bonheur ! Je mâche un peu pour développer les arômes et j’avale goulûment. Il faut que je me réfrène un peu pour faire durer le plaisir… Voilà, j’ai trouvé mon rythme qui correspond juste à manger une queue entière, le temps que ma Maman m’en décortique une autre et la coupe en morceaux, ainsi, il n’y a pas de temps d’attente.

Six, oui, six, c’est mon maximum. Je ne voudrais pas avoir une indigestion quand même. Certes, je pèche par gourmandise, mais il faut raison garder… Un dernier regard au plat que mon papa et ma maman vont maintenant partager, une dernière respiration profonde pour me remplir le museau des senteurs adorées et hop, je saute à terre, me nettoie rapidement les babines d’un coup de langue circulaire et je vais aller faire une petite sieste digestive dans un de mes repaires favoris… Ha ! que la vie est belle, je ne le répèterais jamais assez…

 

Ça y est… j’ai gagné le concours des plus belles moustaches…

 Je savais que j’avais un potentiel inexploité…

Enterrés les Astérix, les Obélix, les Mario Bros, les Groucho Marx, les Hercule Poirot, les Charlie Chaplin, les Georges Brassens, les Einstein et les Nietzsche, les Salvador Dali…

Enterrés les favoris et rouflaquettes,

les moustaches en guidon,

en tire-bouchon,

en croc, les balayettes…

Mince, je fais des vers…

Je défie aujourd’hui les moustachus du monde entier aux yeux bleus à se mesurer à moi, toutes proportions gardées.

Le grand-père de ma Maman qui était cuirassier avait, certes, de belles bacchantes, (je le sais, je l’ai vu sur un portrait en grand uniforme), mais je parie qu’à ce jour, personne ne peut rivaliser avec moi !

D’ailleurs, comme disait Salvador Dali :

« Le public n’a pas besoin de grande peinture, mais de meilleures moustaches ! »

 CQFD…

 

J’Y SUIS, J’Y RESTE

Quand je squatte la chaise de ma Maman, il n’y a pas intérêt à ce qu’on me dérange. 

 

Non mais ! J’ai décidé de rester là et ce n’est pas toutes vos simagrées qui me feront bouger d’un poil.

Non, je ne suis pas cabotin.

                                 Non, je n’ai pas mauvais caractère.

                                                                            Non, je ne fais pas de la résistance.

Mais je sais très bien ce que je fais. C’est juste l’heure du repas et aujourd’hui, j’avais envie de manger du crabe… Néanmoins, j’ai bien cru comprendre qu’il n’y en aurait pas au menu, alors, je boude et pour que ma Maman prenne bien la mesure de mon indignation, je fais du « sitting ».

Ma maman, elle comprendra bien ce que je veux dire en refusant de bouger. D’ailleurs si quelqu’un approche sa main, je le « niaque »… Si, si, je vous assure, je lui montrerai, par un petit avertissement mordant, qu’on ne déloge pas Bouboule en osant le pousser de la main quand il a décidé d’occuper un lieu bien précis. Je ne fais rien qui ne soit mûrement réfléchi. Parfois, je suis incompris, c’est vrai, mais ce n’est quand même pas à moi de faire des efforts !

A Noël, par exemple, j’ai été gâté. D’ailleurs, je vous montre la photo que j’ai gardée du festin que j’ai partagé en partie avec mes parents. J’avais repéré ce crabe appétissant et il était loin de me laisser indifférent. Je savais bien que ma Maman allait me faire profiter de quelques bons morceaux et ce fut effectivement la fête… une pince par ci, de la chair de coffre par là, le tout bien décortiqué… je m’en suis mis jusqu’au bout des moustaches…

Je sais, ça ne peut pas être tous les jours Noël et ça me rend bien nostalgique, mais j’ai décidé de montrer que je suis fâché. Alors qu’on me laisse en paix ! Na !

 

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